27.07.2006
La Vie Musicale
"D’après les mémoires de SOURCHES et LUYNES j’ai pu relever quelques anecdotes sur la vie musicale en France sous les rois Bourbons. Je ne vais pas vous donner celles concernant l’institution musicale, mon intention étant de vous apporter une image.
Ceci sera très sommaire, et sous forme de note."
– La musique est un lien destiné à attirer tout vers la beauté. Les artistes sont considérés comme des mages venus prêcher l’humanité souffrante.
– Sous l’Ancien Régime, la musique était réservée à une élite issue de la cour ou de la sphère de notables des villes.
– La musique est souvent commandée par un monarque exigeant.
– Louis XIV porte un intérêt à l’opéra (qui met fréquemment en scène sa grandeur), à la cantate, aux divertissements en plein air et aux bals.
On a sous son règne une hégémonie du genre italien (ex. Lully). La musique est à son service.
– Sous Louis XV, la musique était moins attaché à la personne du roi. Aspiration plus pastorale + humaniste. La musique à l’échelle de l’homme.
LES DIVERTISSEMENTS.
A) LE BAL.
La danse est le divertissement préféré des aristocrates, c’est un symbole de joie de vivre.
Nombreux bals dès la fin du 17ème siècle dont la qualité variait. « Le Roi de la Chine » en 1700 ne fut pas très bon. On fait de nombreux bal masqué voir costumé = la duchesse de Bourgogne qui se déguise en sultane. Mais d’autres courtisans se déguisaient en Ours, perroquet, tigre….
La fréquence des bals est importante, on relate qu’ils étaient quasiment quotidiens en janvier 1708.
Louis XIV désire que l’on revienne à l’ancienne coutume, 1709, branle à mener + courante. Mais les maîtres à danser les ont abolis et la cour préfère les contredanses et les menuets.
On se tient debout durant les menuets et danses figurées, quand le roi ou la reine dansent. Le roi appelle ceux qui vont danser. Le roi se tenait debout lorsque la reine d’Angleterre dansait un menuet. Filles et fils de France = on reste assis.
Les contredanses = assis
Les Bals commencent assez tard, 10h 11h et se terminent également tard, et parfois jusqu’au levé du soleil. Il n’y avait pas vraiment de lieu établi pour la danse et ni pour la musique. On compose avec les lieux (on monte des estrades parfois peu confortables pour les musiciens, monte des tentes… on s’amuse en plein air, dans les bosquets par ex.)
B) LA COMEDIE.
L’opéra est un genre musical très prisé mais qu’on exécute souvent partiellement. En effet, et je rappelle que ces remarques sont à renvoyer dans le vie musicale à la cour, les opéras pouvaient se montrer parfois trop long, ou alors on préférait faire exécuter les passages qui furent retenus comme très bons.
L’opéra pouvait se jouer partout : les appartements, salons, chambres. En 1710, la duchesse de Bourgogne fit exécuter une partie « d’Armide » de Lully, alors qu’elle se trouvait au lit. Le baladeur n'existait pas !
Sous Louis XIV, le style préféré est sans conteste le style italien nettement véhiculé par le maître de musique Lully, son opéra Roland en est la démonstration. 
Sous Louis XV, c’est différent. Deux genres s’opposent et ne manquent pas de se critiquer : le français et l’italien qui se maintient encore. Rameau sera celui qui fera perdurer le genre italien et le genre français par Rebel et Francoeur, caractérisé, selon les acrimonies qu’ils s’envoyaient, musique faible au texte plat.
La cour participe souvent à des représentations (ballet, chant, opéra) et certains auraient de certaines dispositions aux arts de la Musique (Madame de Pompadour qui eu un premier rôle, le duc de Villeroy… ces personnes organisent parfois des opéras à leur frais.) L’image du roi puissant, celui qui tient le gouvernail, le maître absolu, est défaite un instant par les révélations des mémoires du duc de Luynes. En effet, il rapporte qu’en 1738 Louis XV était assis avec des dames sur les marches à Versailles et ils chantaient des airs d’opéra.
Toutefois, Versailles n’était pas un univers clôt, au contraire il attire toutes sortes d’artistes qui viennent exécuter leur art devant la cour et le roi en vue de chercher une protection, gratifications, présents. Comme par exemple Farinelli (je vous renvoie à la note sur les castrats)

Les Indes Galantes de Rameau, 1735.
extrait : scène 6
CHOEUR DES SAUVAGES
Forêts paisibles,
Jamais un vain désir ne trouble ici nos coeurs.
S'ils sont sensibles,
Fortune, ce n'est pas au prix de tes faveurs.
ZIMA, ADARIO
Dans nos retraites,
Grandeur, ne viens jamais
Offrir tes faux attraits!
Ciel, tu les as faites
Pour l'innocence et pour la paix.
Jouissons dans nos asiles,
Jouissons des biens tranquilles!
Ah! peut-on être heureux,
Quand on forme d'autres voeux?
C) MUSIQUE ET FASTE.
La musique peut s’exécuter sur des constructions un peu inhabituelles, comme des bateaux, petites embarcations sur les canaux de Versailles.
La musique était quelque fois accompagnée de feux d’artifices, de jeux de Lumière. Bartaron chanta depuis un char tout illuminé suivit d’un autre char sans feu pour ajouter à l’effet particulier : la musique était dans l’obscurité et Bartaron pouvait s’illustrer sous le balcon de madame de Maintenon.
La musique servait au faste, surprendre les invités et grandir la personne du roi puisqu’elle l’accompagne partout.
19:55 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Musique Classique



Commentaires
j'aime quand on m'explique de cette facon... oui je fais ma blonde et alors...
ta note me fait penser au bouquin "le parfum" je ne sais pas pourquoi, mais ça m'a sauté a la figure
Ecrit par : Fa | 01.08.2006
Passionnant toutes ces choses Olivier, mais pour que Fa mode blone comprenne vraiment, faut lui dire que :
Le Bal : C'est comme au Pot Cochon ou au Casino mais sans daube
La Comédie : C'est comme comme "les dix commandements" sauf que c'est intelligent, et ça fait trembler de partout et ça restera dans l'histoire encore une poignee de siecle... Ce sera noooooooooooous, des deux maiiiiiiiins!!!! (ou dès demain, je ne sais plus...)
Voilà Olivier... Fa appréciera...
Ecrit par : Arno Du Saint Kant | 03.08.2006
Coucou,
C'est un commentaire sans rapport avec ta note (qui est au demeurant forte intéressante, si tu avais pu m'accompagner pendant les Nocturnes à Versailles, tu te serais cru au coeur de ta note justement)
Juste pour venir prendre de tes nouvelles....
Des bisous et de bonnes vacances ! N'oublie pas ton mémoire...
Ok, ok je m'en vais ;-))
Ecrit par : Virgule | 11.08.2006
Messire.
En cet an de grace 2006, merci pour ce blog parchemin trésor de merveilles.
Il est temps de donner le gout du classique à la jeunesse à venir.
La France manque de compositeur. J'en ai découvert une,voici son blog:
http://adjudenteifrice.musicblog.fr
Les meilleurs artistes ne sont pas ceux que l'on voit à la télé, mais ceux qui exercent leurs talents dans les rues.
VIVE LES TROUBADOURS LIBRES !!!
Dans l'attente du CD, mais attention un CD, pas décédé !
Ecrit par : patrice | 31.10.2006
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